La radioactivité est un phénomène physique naturel au cours duquel des noyaux atomiques instables se désintègrent en dégageant de l'énergie sous forme de rayonnements divers, pour se transmuter en des noyaux atomiques plus stables. Les rayonnements ainsi émis sont appelés, selon le cas, des rayons α, des rayons β ou des rayons γ.
La radioactivité se mesure en Becquerel (Bq): c’est le nombre de transformations nucléaires spontanées qui se produisent par seconde en son sein, quelle que soit la nature du rayonnement émis : noyau d'hélium (alpha), électron (bêta), électromagnétique (gamma), neutron etc. 1 Bq = une transformation par seconde, le corps humain émet naturellement 100 Bq/kg environ (du fait des noyaux de K-40 et C-14 qu'il contient). On utilisait autrefois le Curie (Ci) = 3.7 1010 Bq (activité de 1 gramme de Radium-226), mieux adapté pour la mesure des très fortes activités.
Deux mesures sont nécessaires pour juger de l’exposition aux rayonnements ionisants :
- la mesure de la dose de rayonnement absorbée par le corps : en Gray (Gy)
- l’évaluation du risque associé à cette dose absorbée : le Sievert (Sv)
Le Gray mesure la dose absorbée ; celle-ci est définie par le rapport de l’énergie des rayonnements ionisants déposée sur la masse de matière. Un Gray correspond à une énergie déposée de un Joule dans un kilogramme de matière.
Le Sievert mesure l'évaluation du risque biologique appelé dose efficace. Par définition, la dose efficace, exprimée en Sv, ne peut être utilisée que pour évaluer le risque d’apparition d’effets stochastiques chez l’homme. On utilise souvent le millisievert ou millième de sievert, ( mSv) ; et le microsievert ou millionième de sievert, ( µSv). Les médecins appellent faibles doses des expositions inférieures à une centaine de millisieverts (mSv) .
Niveaux d’irradiation en cas d’exposition à la radioactivité habituelle :
- à la radioactivité naturelle : 2,5 mSv en moyenne,
- aux rayonnements des examens médicaux : 1 mSv
- à l'industrie nucléaire : 0.010mSv
Les effets sur l’homme des rayonnements ionisants ; ils sont de trois types :
- les effets déterministes (à partir de 0,5 Gy) : ils s’installent rapidement et sont directement liés à une exposition directe à de fortes doses : nombreux troubles fonctionnels, brûlures cutanées, décès le plus souvent par des complications internes ; on estime que la dose de 3 à 5 Gy est létale (plus de 50% de mortalité dans les 60 jours)
- les effets stochastiques qui sont liés à des doses non mortelles : ce sont essentiellement des cancers ; ils apparaissent progressivement dans les 50 années qui suivent l’irradiation.
- Les effets tératogènes en cas d’exposition de femmes enceintes ; ils entrainent des malformations du fœtus.
Aucun effet nuisible n'a été observé chez l'adulte pour des doses inférieures à 200 mSv et chez l'enfant pour des doses inférieures à 100 mSv, ni aucune malformation pour des doses inférieures à 200 mSv.
Les rejets accidentels de produits de fission radioactifs des centrales nucléaires :
- Les iodes radioactifs (surtout l’Iode 131)
- Le xénon, le krypton
- Le strontium 90
- Le césium 137
Le risque le plus important est lié à l’exposition aux Iodes radioactifs qui pénètrent dans l’organisme et se fixent en particulier sur la thyroïde ; leur toxicité est à l’origine de cancers de la thyroïde.
- Les différents tissus de l’organisme ont des sensibilités variables aux rayonnements ionisants. La moelle osseuse est le tissu le plus radiosensible, suivie par le système gastro-intestinal.
- Le système nerveux central a une radiorésistance organique et une grande radiosensibilité sur le plan fonctionnel.
- Dans certaines conditions et particulièrement lorsque les doses sont élevées, une atteinte multi-organe peut se développer.
Les enfants de Tchernobyl, nés bien longtemps après la catastrophe, nous apprennent que contaminés par leur nourriture (lait, légumes et fruits), ils sont affaiblis et subissent diverses pathologies correspondant à un vieillissement prématuré de leur organisme. Les végétaux peuvent capter des atomes radioactifs et les transmettre aux animaux et aux humains.
Mesures de prévention :
- l’architecture para sismique des centrales
- la maitrise des risques environnementaux et humains
- l’éducation des poulations
- l’administration d’Iode stable (iodure de potassium) à condition qu’elle ait été réalisée au moins deux heures avant l’exposition empêche la fixation d’Iode radioactif au niveau de la thyroïde. L’Etat a prévu l’organisation de la distribution d’Iode stable à toute la population en cas de présence possible d’un nuage de radioactivité. En fait, bien que l’on ait décidé d’administrer l’Iode stable à toute la population ce sont surtout les enfants qui en ont le plus besoin pour éviter les cancers de la thyroïde consécutifs à une irradiation accidentelle.
- l'évacuation des populations des zones à risque ou quand cela n'est pas possible l'isolement dans des bunkers souterrains conditionnés.
En résumé, en cas d’irradiation accidentelle, les conséquences pour la santé des populations est surtout liée au niveau de radioactivité reçue :
- soit directement en particulier pour le personnel des centrales
- soit indirectement par les rejets dans l’atmosphère et la contamination de tout l’environnement.
L’isolement et le calfeutrage des habitations ainsi que la prise d’Iode stable permettront de diminuer légèrement la contamination.
La seule mesure efficace de prévention des risques d’irradiation serait bien évidemment de procéder à la fermeture des centrales nucléaires.
2 commentaires:
Bonjour Alain,
votre blog est intéressant. Je vous suit bien. Je suis ingénieur informaticien sénégalais.
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